Page IV
translatedfar from giving them as settled theories, as the fruit of coherent and final thoughts. If this book were something other than a travel log, I would have much to remove and a little to add. But, being as it is, why subject it to a severe revision? Everyone who travels knows what kind of daydreams rock the tourist when, looking for nothing but pleasure, he lets his thoughts wander, like the footsteps of an Arabian horse, or like the paths of Syria that go on an adventure through the pebbles and flowers. Every object gives him an impression that makes an idea spring up in his mind, more or less just — it doesn't matter! since a new idea, no less fleeting, will soon chase it away. Some came to him on the hillsides, others in the plains full of harvests; some germinated in him in the morning, at the moment when everything laughs and blooms in the countryside; others grew slowly in the evening, at the hour when the great shadows that fall into the valleys also win the souls they darken. Hence it comes that, according to the circumstances, they are cheerful or sad, light or serious, optimistic or pessimistic. They are the scents or dusts of the road.
Original French
loin de les donner pour des théories arrêtées, pour le fruit de méditations suivies et définitives. Si ce livre était autre qu'un récit de voyage, j'aurais beaucoup à y retrancher et peu, fort peu, à y ajouter. Mais, étant ce qu'il est, pourquoi le soumettrais-je à une sévère revision ? Tous ceux qui ont voyagé savent de quelle sorte de rêverie continue se berce le touriste, lorsque, ne cherchant que son plaisir, il laisse aller sa pensée au hasard, comme les pas des chevaux arabes ou comme les sentiers de Syrie qui vont à l'aventure à travers les cailloux et les fleurs. Chaque objet lui apporte une impression qui fait jaillir dans son esprit une idée plus ou moins juste, peu importe ! puisqu'une nouvelle idée, non moins fugitive, la chassera bientôt. Les unes lui sont venues au penchant des collines, les autres dans les plaines chargées de moissons ; les unes ont germé en lui le matin, au moment où tout rit et s'épanouit dans la campagne ; les autres ont poussé lentement le soir, à l'heure où les grandes ombres qui descendent dans les vallées gagnent aussi les âmes qu'elles assombrissent. De là vient que, suivant les circonstances, elles sont gaies ou tristes, légères ou graves, optimistes ou pessimistes. Ce sont des parfums ou des poussières de la route.
Notes. Avant-propos, page IV. Charmes likens the traveler's passing impressions to "the scents or dusts of the road." A single continuous paragraph, carried over from page III ("…Je suis").
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